3 questions à M. Bernard Besson: Etat des lieux et prospective pour l’année 2014

BESSON_DRFP_NB1 (1)Si l’on devait faire un « état des lieux » de l’Intelligence économique en France en ce début d’année, quels pourraient être selon vous les principaux éléments marquants ?

 En ce début d’année 2014 le MEDEF national et le MEDEF Ile de de France ont  fêté les 10 ans de la politique publique d’intelligence économique dans leurs locaux.

Cela était impensable en  janvier 2004. Ce genre de débat dérangeait. L’intelligence économique se heurtait  au scepticisme voire à l’hostilité de nos élites. J’en ai été témoin.

Mais les choses évoluent sous l’effet de la crise.

Les élus découvrent  que l’intelligence économique s’adresse  à la nation et aux entreprises sans qu’il soit nécessaire de parler impôt et fiscalité ! Je sens des frémissements dans les régions et un intérêt renouvelé pour la matière.

Malgré les efforts d’Alain Juillet il reste  du chemin à parcourir. Les entreprises ont encore du mal à concevoir une démarche d’intelligence économique. Cette action pluridisciplinaire  est écartelée entre des fonctions et des métiers qui ne se parlent guère.

L’idée que l’intelligence collective  puisse servir  à la fois la stratégie, la protection et l’innovation a du mal à convaincre. Les outils et technologies qui autorisent cette transversalité sont en avance sur les cerveaux  cloisonnés par les organigrammes et les enjeux de pouvoir.

Quels seront les enjeux majeurs pour les instances publiques et les entreprises pour cette année 2014 dans le domaine de l’IE ?

Prenons conscience que les autres ont des politiques publiques d’intelligence économique alliant entreprises et administrations. Méditons les succès suédois au Brésil  dans l’aéronautique militaire ou chinois dans le domaine des terres rares.

Regardons l’Allemagne qui n’a pas besoin de politique publique  parce qu’elle dispose d’une culture séculaire. Elle n’est pas la seule.

Madame  Claude Revel, actuelle déléguée interministérielle, a raison de dire que nous n’investissons pas assez  l’échiquier normatif.  Nous ne sommes pas assez offensifs. La « sécurité économique active »  est le terme politiquement correct qui tente de réduire chez nous l’intelligence économique à une posture défensive, donc perdante.

Cette « sécurité économique » que certains découvrent seulement aujourd’hui a été édifiée à travers des normes déjà anciennes  (ISO 31 000 ; 28 000 ; 27 000 ; etc.) Elle est un business mondial, qui génère des milliards de dollars. Elle est le  fruit de l’ « intelligence économique active » de compétiteurs  visionnaires et plus précoces que nous.

La politique publique d’intelligence économique doit se doubler d’une culture. Dans les entreprises de toutes tailles, la nomination du « délégué(e) général(e) à l’intelligence économique » sera la meilleure façon de démarrer l’aventure.

Rien de tel qu’un visage empathique et à l’écoute pour incarner la matière et lancer ou relancer la dynamique.

Pour cette nouvelle fonction inspirons nous des travaux de la Cour de Cassation qui a posé les fondements du métier de Risk manager à travers la jurisprudence sur la délégation de pouvoir, redéfinissant  un métier qui va bien au-delà de l’achat d’assurances.

Chaque chef d’entreprise peut nommer à ses côtés un ou une délégué(e), capable de l’informer mieux et plus vite que ses concurrents américains, asiatiques ou européens…Car tel est bien le but de l’intelligence économique : assurer la compétitivité de nos entreprises.

Vous avez créé le « Test 1000 » de l’intelligence compétitive  pour les PME, pouvez-vous nous préciser les objectifs de ce test ?

Cet autodiagnostic permet à l’entreprise d’évaluer elle-même son degré d’intelligence collective. Le « Test 1000 » a été conçu pour circuler auprès des  collaborateurs et des divers métiers. Plus il irrigue l’organisation et plus le résultat sera intéressant.

Chacun, de manière spontanée, note  de 0 à 5 ou de 0 à 10 la performance de l’entreprise dans l’utilisation des sources d’information, la coordination des veilles, la mémorisation des données stratégiques, le partage des connaissances, l’animation des réseaux d’influence et de contre influence, l’intelligence des risques et l’intelligence inventive.

Le chef d’entreprise fait la moyenne des notes. Si l’entreprise obtient  500 / 1000 elle dispose non seulement d’une intelligence collective mais aussi d’une intelligence économique.

Si le chef d’entreprise souhaite aller plus loin et devenir aussi curieux, influent et  innovant que  ses concurrents il organise  une demi-journée de débriefing du « Test 1000 » avec ceux ou un échantillon de ceux qui ont participé à la notation.

Si je suis invité au débriefing, le « Test 1000 » me sert de fond de dossier pour traiter, sans perte de temps, les points faibles de l’intelligence économique d’entreprise rassemblée devant moi.

Il s’agit à chaque fois d’une aventure humaine passionnante et d’un moment fort dans la vie de l’entreprise qui se découvre différente et plus forte.

Bernard Besson Consulting

Membre de la Commission intelligence économique du MEDEF Ile de France

Membre de l’Académie de l’intelligence économique

Auteur-auditeur- formateur

http://fr.wikipedia.org/wiki/Bernard_Besson

PS: n’hésitez pas à me contacter afin d’obtenir le « Test 1000 »

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