La Gendarmerie au coeur de la politique publique d’intelligence économique

147720_hnPour ce nouveau post, j’ai pris contact avec Stéphane Mortier, chargé d’Intelligence économique au sein de la Gendarmerie nationale (SIET CAE DGGN). Cette dernière est également présente dans le groupe Ophoïs de CCI France. Grâce à cette interview, vous pourrez comprendre le rôle et les ambitions de l’institution dans le développement de l’IE en France.

Pourquoi la gendarmerie s’est-elle impliquée dans la politique publique d’intelligence économique ?

                Les Livres blancs successifs sur la défense et la sécurité nationale ont consacré le rôle du ministère de l’Intérieur en matière d’intelligence économique. Par la suite, en liaison avec madame Claude Revel, déléguée interministérielle à l’intelligence économique, la feuille du route pour l’action du ministère de l’Intérieur en matière d’intelligence économique (18 novembre 2013) est venue consolider la dimension locale de cette politique publique.

                L’organisation actuelle du dispositif territorial d’intelligence économique, fixée par la circulaire du Premier ministre du 15 septembre 2011, rappelle que le préfet de Région est chargé du pilotage de cette politique. Dans ce cadre, et en coordination avec les services partenaires de la DGSI et du SCRT, la gendarmerie nationale accompagne au quotidien les chefs d’entreprises. En effet, au travers de son maillage territorial, la gendarmerie nationale dispose d’une capacité importante de collecte d’informations, sachant que les atteintes économiques se concentrent à 75% vers des entreprises de moins de 500salariés lesquelles sont implantées à 80% en zone de compétence gendarmerie (Rapport 2013 relatif à l’action de la gendarmerie nationale en matière d’intelligence économique).

Avec quels acteurs publics et/ou privés travaille-t-elle pour mener à bien sa mission de sécurité économique ?

            Au sein de la sphère publique, la Gendarmerie Nationale agit en complémentarité des actions entreprises par la Direction générale de la sécurité Intérieure (DGSI) et du Service central de renseignement territorial (SCRT) au sein du ministère de l’Intérieur, et par la Direction de la protection et de la sécurité de la défense (DPSD) au sein du ministère de la Défense.

            Au niveau déconcentré, les référents territoriaux de la gendarmerie, présents dans chaque région et dans chaque département, développent, sous la direction des préfets de Région, des actions opérationnelles de prévention et de protection à destination des acteurs économiques (par exemple : l’« Opération tranquillité entreprises » réalisée par la région de gendarmerie Rhône-Alpes). Ce travail de sensibilisation et de prévention, réalisé notamment au moyen de diagnostics de vulnérabilités, participe de la mission fondamentale de proximité territoriale. Ainsi, les référents « intelligence économique » de la gendarmerie animent le maillage local de l’ « IE » en prodiguant leurs expertises et leurs conseils aux entreprises. Si bien, qu’en 2013, 9003 actions de sensibilisation d’entreprise ont été effectuées par les unités de la gendarmerie nationale et 4807 diagnostic de vulnérabilité ont été réalisé (+8% par rapport à 2012)

                La politique publique d’intelligence économique territoriale repose également sur les liens de partenariats tissés avec les acteurs du monde de l’entreprise. Par exemple, depuis 2012, en région Champagne-Ardennes, sous la coordination du préfet de Région, l’Union des maisons de Champagne, le Syndicat général des vignerons et la gendarmerie nationale sont à l’initiative d’un plan de la lutte contre la contrefaçon ayant contribué à réduction significative de ce type d’atteintes. Au niveau national, une convention de partenariat en matière de sécurité économique devrait être signée prochainement entre le ministère de l’Intérieur et la CCI-France (Réseau des chambres de commerce et d’industrie) afin de renforcer les échanges d’informations et de bonnes pratiques. De même, les échanges réguliers entretenus avec les fédérations professionnelles (CGPME, MEDEF, …) permettent d’associer les acteurs publics et privés dans les démarches d’IE.

Quels sont les objectifs/ambitions de la Gendarmerie nationale en matière d’intelligence économique pour les prochaines années ?

                En vue de renforcer la lutte contre les « cybermenaces », il s’agit d’associer plus largement les acteurs publics et privés dans la protection du patrimoine immatériel des entreprises. En effet, les « cyber-vulnérabilités » sont en constante progression depuis ces trois dernières années. Selon le ministère de l’Intérieur, on estime que plus d’un tiers des entreprises françaises de moins de 250 salariés seraient victimes de ces « cyberattaques ».

                Déjà, plusieurs plate-forme de signalement sont disponibles sur Internet (par exemple la plate-forme « Pharos » accessible depuis le site du ministère de l’Intérieur). Par ailleurs, la Gendarmerie Nationale met à disposition du public des plaquettes de sensibilisation et de prévention des risques « cyber ».

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