La DGSI, acteur de la politique publique d’Intelligence Economique

logo_dgsiPlusieurs acteurs s’inscrivent dans le cadre de la politique publique d’Intelligence Economique. Parmi eux, la DGSI, par son action de contre-ingérence économique, contribue à la préservation de la souveraineté économique, scientifique et technologique de la France. Intelligences Economiques s’est penché sur la mission de sécurité économique de cette institution aussi discrète que réputée.

La DGSI : un service de renseignement de sécurité et de police

La DGSI, sur les questions de protection économique, reste une institution éminemment défensive dont la mission centrale reste la sensibilisation des entreprises à la nécessaire protection de ses informations stratégiques. La vocation des professionnels de la structure en charge de cette mission reste donc le conseil et la prévention (sensibilisation aux risques collectifs et personnels). La prévention touche environ 8000 acteurs de toutes tailles du monde économique et scientifique. Le site du Ministère de l’Intérieur (http://www.interieur.gouv.fr) précise que la gamme de prestations, très large, combine travail de contact et de sensibilisation, conférences (environ 1200 conférences pour plus de 60 000 personnes en 2014), évaluations du niveau de sûreté, habilitation au secret de la défense nationale des personnes physiques et morales… En outre, la lutte contre la prolifération des armes de destruction massive s’intègre également par essence à la protection économique.

La DGSI reste un service de police. Elle a donc une vocation de renseignement de sécurité mais peut avoir également une action répressive. Ce dernier point étant traité, non pas directement par la sous-direction de la protection du patrimoine économique, mais par une sous-direction judiciaire. La loi sur le secret des affaires aurait dû notamment intégrer ce volet répressif… alea jacta est !

Afin d’assurer ses missions, la DGSI, qui a succédé à la DCRI en 2014, peut s’appuyer sur un maillage territorial dense. Conduisant à la création de la DCRI en 2008, le mariage de la DST et des RG avait pu permettre ce bon équilibre. Le pilotage reste central (en accord avec la politique publique d’Intelligence économique) mais des déclinaisons sont opérées à l’échelon local. Des spécialistes en contre-ingérence économique sont ainsi présents dans la majorité des régions françaises.

Les nouvelles menaces pesant sur la sécurité des entreprises

Les secteurs traditionnels comme l’aéronautique, le nucléaire restent des cibles pour les actions d’ingérences étrangères. Mais, les nanotechnologies, la biotechnologie et le monde de la recherche plus largement sont de plus en plus victimes de la prédation économique.

Logiquement, les questions de cyber défense deviennent de plus en plus omniprésentes à la DGSI. Aujourd’hui plus de 20% des attaques sont liées à l’outil informatique (des attaques visant à la captation de données stratégiques jusqu’au vol d’ordinateur). Ces attaques s’intègrent le plus souvent dans un plan d’action global. Les auteurs de ces intrusions profitent notamment de la difficulté de mise en œuvre de la réponse judiciaire. Souvent hors de portée de l’action répressive, parce que résidant dans des pays peu ou pas coopératifs, ces derniers savent que le risque pénal encouru demeurera relatif.

Afin de faire face à ce nouveau type de menace, la DGSI renforce depuis 2013 ses capacités d’expertise technique par le recrutement de contractuels. Trop peu encore de «policiers – techniciens» sont formés pour pallier les besoins.

Les rapports de force dans le monde du Renseignement

Comme le soulignait la délégation parlementaire au Renseignement, dans le domaine économique, nos meilleurs partenaires peuvent être nos principaux adversaires. La France a-t-elle véritablement le pouvoir de peser sur l’échiquier? Ou jouons nous avec quelques coups de retard (voire avec des pièces en moins)? …

On indique dans les services qu’il «n’existe pas à ce jour de dispositif européen intégré de protection et de contre ingérence». En parallèle, d’autres pays se contentent de grands principes de surface et renforcent inéluctablement leurs capacités en matière de renseignement, notamment dans le domaine économique et financier. Afin d’obtenir un meilleur équilibre dans ce rapport de force, une «réponse adaptée devrait être recherchée». L’offensive est globale: outre les techniques propres aux services spécialisés et aux structures privées agissant en soutien de grandes entreprises, il y a une bataille juridique, avec la question des normes, voire judiciaire dans certains cas. Certains professionnels au sein de cette institution peuvent parfois regretter un «angélisme» sur ce sujet pourtant crucial. A la DGSI on s’interdit de faire de l’offensif.

Néanmoins, nous devons reconnaître qu’il existe, tant au niveau de l’Etat, qui améliore et renforce le dispositif public d’intelligence économique qu’au sein de la communauté du Renseignement, une réelle volonté d’améliorer la sécurité économique. «La réflexion est en cours et se veut permanente». Cela passe notamment par une relation plus fusionnelle entre les sphères privée et publique. Ce partenariat peut certainement être rendu plus efficace. Plus qu’une question d’adaptation, c’est une exigence pour renforcer notre crédibilité et protéger nos entreprises, nos emplois et donc notre indépendance et notre souveraineté.

On a trouvé des start-ups au sein de l’Etat !

lcenfranceImpulser un modèle « start-up » au sein de l’Etat, cela semble au premier abord compliqué voire impossible. Pourtant,  un homme du Secrétariat Général à la Modernisation de l’Action Publique (SGMA) (s’associant notamment à ETALAB et à la DISIC au sein du SGMAP) se bat chaque jour contre la lourdeur de la bureaucratie.  Il s’appelle Pierre Pezziardi et, Intelligences économiques a pu l’interroger.

Par une méthode, inspirée des méthodes agiles, du mouvement lean startup, des outils aussi divers que data.gouv.fr, Marchés Publics Simplifiés, ou mesDroits.gouv.fr ont pu voir le jour. Pierre Pezziardi était convaincu que l’innovation résidait dans le fait « d’arrêter les gros programmes ». Il s’est donc entouré d’équipes restreintes (4 personnes) pour délivrer rapidement et efficacement ses projets (6 mois de moyenne).

Lean IT Summit  2011Ses secrets, vous pouvez les retrouver sur son blog. Son objectif est simple : « offrir des services administratifs réellement innovants et utiles aux citoyens. » Pour cela il accepte l’idée « de créer de l’inconfort ». Bref, être un « Innovateur » cherchant à « s’attaquer aux rentes et aux modèles économiques peu vertueux ». Même si l’ancien VP d’Octo Technology reconnait « qu’un outil ne va pas changer une culture et, que d’énormes problèmes de silotages persistent » au sein de l’Etat, l’ambition est là. Une voie ouverte vers plus d’ «  Intelligence collective » ? L’Open Data notamment, un des grands chantiers du SGMA, « fait évoluer les mentalités vers le partage par défaut ». Ceci peut avoir de forts impacts sur l’efficacité publique, la rationalisation des dispositifs (ROI) et la transparence des gouvernements. Vous pouvez d’ailleurs visualiser une des interventions de Pierre Pezziardi sur ce sujet.

Par-dessus tout, l’action et l’humain restent les fondements de son « idéal ». « L’important c’est que les gens trouvent un contact » pour obtenir les bonnes informations justifie l’interviewé.

Pour Pierre Pezziardi , « Il y a une urgence à redéfinir notre apport à la société, non plus en termes de moyens, d’activités, mais en termes de contribution à un but, en action sur le réel. »

La prochaine cible (parmi tant d’autres) du SGMA : la question du non-recours aux droits. Plus d’informations à la fin du mois !

L’IE française : constats et prospectives (avec Alain Juillet)

PhotoAJNous entrons dans le dernier trimestre de cette année 2014. Bon timing pour faire un nouveau point sur l’IE en France. Qui mieux qu’Alain Juillet pouvait nous faire un état des lieux et, soulever les problématiques futures que devront résoudre les spécialistes. Intelligences économiques a ainsi pu interroger l’actuel Président de l’Académie de l’Intelligence économique.

Un constat : « nous entrons dans une 3ème phase de l’IE »

Alain Juillet distingue 3 phases dans le développement de l’IE en France.

La première : celle du Rapport Martre et des chercheurs. A la fin des années 1990, on  constate que les américains ont développé une nouvelle approche économique. Toutefois il y a eu peu d’actions dans la durée en dépit d’un bon lancement. « Pendant une dizaine d’années, l’Intelligence économique est restée dans les mains de quelques chercheurs » reconnait notre interlocuteur.

La deuxième phase débute en 2002 avec le rapport Carayon. Etude plus approfondie suivie d’un plan d’action concret.  « Sur les 30 propositions préconisées, les trois quart ont pu être mises en place » précise Alain Juillet, alors Haut Responsable pour l’Intelligence Économique.

Douze ans plus tard, on s’aperçoit que de nouvelles innovations viennent bouleverser les pratiques. « Nous rentrons dans une 3ème phase qui doit encore s’inventer ».

Les outils techniques utilisés pour la veille et la sécurité sont devenus de plus en plus efficaces et bouleversent le traitement de l’Information. « Les bases d’analyse de l’Information demeurent mais, il est possible de traiter beaucoup plus de données, d’explorer de nouveaux champs, tout cela avec des moyens légaux » précise Alain Juillet.

Nous sommes au début de « l’ère Data », encore dans la découverte. Cette nouvelle phase doit être accompagnée par l’Etat « mais il ne doit pas être le seul acteur ». Les entreprises (groupes et PME) restent au cœur du dispositif.

La raison d’être de l’IE en 2014

Dans le Marketing et la publicité, nous sommes depuis plusieurs années dans cette « ère Data » (RTB, retargeting, etc.) Une question se pose alors : la Data a-t-elle échappé à l’IE jusqu’à maintenant ? Qu’apporte véritablement l’expertise IE ?

Pour Alain Juillet, « l’IE est une vidéo. Le marketing reste une photo. L’IE est un système qui tourne en permanence (inspiré du monde militaire). L’IE est planétaire, le Marketing quant à lui s’intéresse à un segment ou à un marché. L’IE n’est pas qu’un marketing approfondi, c’est un système de production de données qui irrigue tous les segments, et ceci en temps réel. »

Malgré l’indéniable utilité de l’IE, trois « problématiques » mises en exergue par Alain Juillet empêchent de rêver à un ciel sans nuages.

L’IE en France : ce qu’il reste à faire ou à (re) travailler.

Le manque d’Intelligence collective, des formations trop nombreuses et souvent moyennes, la sécurité des données, voici les problématiques auxquelles l’IE doit faire face.

« L’Intelligence collective marche de moins en moins. Ceux qui ont avancé efficacement sur les pratiques d’IE veulent garder leur secret. Nous sommes un peu dans un « village d’Astérix » : tout le monde fonce mais chacun dans son coin. Les américains par exemple travaillent plus en groupe » explique l’ancien Haut Responsable pour l’Intelligence Économique.

Côté formations, ces dernières sont de plus en plus nombreuses … «  Il n’y a pas assez de débouchés et ce ne sont pas forcément les meilleurs qui sont recrutés. Il y a un excédent de formations  par rapport au besoin du marché » souligne Alain Juillet. « Les candidats ayant un double diplôme sont avantagés», notamment pour se réorienter car, pour faire de l’IE le métier de toute une vie, « il faut être passionné. La veille [par exemple] peut lasser rapidement

Troisième problématique mise en exergue, celle de la Data Privacy. « Pour avoir des informations, nous sommes obligés d’en donner en échange. Dans un futur proche, la protection des données personnelles sera « un des problèmes majeurs pour l’IE ». « Il faut définir des limites, la clé est encore inexistante dans ce domaine » conclura l’interviewé.

Nouveaux business, transformation digitale, Data : quels impacts sur les métiers ?

tablette-cloudPour 57% des directions métiers, la transformation numérique se traduit par la création ou l’évolution de nouveaux métiers au sein de l’entreprise (cf. Observatoire IDC– janvier 2014). De nombreux articles ont été écrits concernant ces « métiers du futur ». Il n’est pas question ici de réécrire un article listant tous ces nouveaux métiers. Il s’agira d’analyser et comparer plusieurs sources françaises et étrangères afin de souligner les « véritables tendances ».

Les métiers liés à la Data

2013, c’est l’année d’accomplissement du phénomène Big Data à travers l’apparition en France de nouveaux métiers. On parle du Data Scientist, de l’architecte Big Data, de l’expert Virtualisation, etc.

En 2014, 71% des départements marketing, finance et RH pensent que l’explosion des volumes de données impactera les compétences métiers au sein de l’entreprise. La Data n’a pas finie de modifier l’écosystème de l’entreprise comme la société dans son ensemble. Ainsi, il n’est pas étonnant de retrouver deux métiers liés à la donnée dans le Top 3 des métiers de demain selon l’Observatoire IDC :

  •   Le Chief Data Officer : responsable de la gestion des données de l’entreprise
  •   Le Data Protection Officer : responsable de la sécurité et de la conformité des données de l’entreprise.

En janvier 2014, 22% des entreprises de plus 500 salariés en France, soit plus de 1 000 entreprises ont déjà mis en place un poste de Data Protection Officer. Elles sont près de 850 (18%) à avoir avancé dans la recherche de Chief Data Officer. Curieusement seulement 12 % des entreprises des entreprises de plus 500 salariés en France ont intégré un Data Scientist en 2014. Ils restent en revanche des profils très recherchés (266 créations de postes d’ici à 24 mois).

Le sujet de la donnée est-il en train d’échapper à l’Intelligence économique ?! Quoi qu’il en soit, nous ne pouvons pas parler d’Information sans parler de Data Science.

Le renforcement du lien entre l’IT et le Marketing pour une meilleure compréhension du consommateur

Dans une société qui a l’ambition de se dire plus « humanisée », le consommateur sera et restera l’ambition. Pour cibler l’individu, lui proposer un message personnalisé et une technologie disruptive (comme le Web/Mobile to store, le retargeting), marketing et IT devront travailler main dans la main. L’émergence aux Etats Unis des « Marketing Technologists » illustre cette tendance.

Toutefois, l’évolution des mentalités est longue : une seule des dix plus grandes universités américaines propose un cours de « marketing digital ». Le métier de Chief Digital Officer qui avait vocation à créer des liens entre les différents métiers de l’entreprise, commence lui aussi à être remis en question (malgré le doublement de leur effectif depuis 2005). En effet, seulement 1% des sociétés américaines planifient d’embaucher un tel professionnel dans les 12 mois à venir selon un récent rapport du Forrester.

La logique conversationnelle reste également au cœur de la relation entre la marque et le consommateur (ou également entre le journaliste et le lecteur). Ainsi dès 2013, on parlait déjà du social media strategist et du Digital Manager, à la croisée des enjeux du social media pour l’entreprise : communication, marketing, commercial, relation-client. Du côté des médias, certains groupes américains innovent sur le contenu et créent de nouveaux métiers liés à cette expertise : Community content editor, Content coach, Engagement editor, Planning editor, etc. Egalement, les stratèges spécialisés dans l’e influence ont de belles années devant eux.

Nouveaux business, nouveaux métiers 

De nouveaux business apparaissent, ce qui influent inexorablement sur les métiers.  Nous pouvons prendre l’exemple de la société IBM. Selon Alain Benichou, président France du groupe, les nouveaux business devraient représenter 50 % du chiffre d’affaires du groupe dans 2 ans, contre 5 % en 2013. Parmi ces nouveaux axes stratégiques de développement, nous retrouvons le Cloud Computing et l’informatique cognitive. Cela entraine inéluctablement un déclin des métiers traditionnels de l’informatique. En France, le groupe a achevé la suppression de 680 postes sur les métiers en déclin dans le cadre d’une Gpec (Gestion prévisionnelle de l’emploi et des compétences), uniquement sur la base du volontariat, selon Alain Benichou. Dans le même temps, il a ouvert un centre de services à Lille qui devrait employer 700 personnes dans 5 ans sur des métiers d’avenir  (source http://www.usine-digitale.fr)

Fait intéressant, une récente étude du cabinet Deloitte (publiée le 4 septembre 2014) montre le début du déclin du marché des applications mobiles. Les nouvelles pratiques des consommateurs peuvent induire une évolution à la fois des technologies et des métiers liés aux nouveaux écrans. Néanmoins, le Mobile reste promis à un bel avenir pour 2015.

En conclusion, l’ambition reste le consommateur, ceci dans une logique résolument ROIste. La technologie ne semble plus influer directement les pratiques des consommateurs mais, l’évolution des mentalités (dans l’acte d’achat ou la gestion de l’Information) poussent également les technologies à se réinventer. Ainsi, de nouveaux métiers émergent ou d’anciens se fondent pour pouvoir apporter une expertise complémentaire (sur le social, le marketing, la programmation et la Data). Mais prochainement, le web 3.0 (objets connectés) va entraîner de grandes révolutions !

La DPSD : service de renseignement au service des ambitions économiques de la France

dpsdIntelligences économiques a rencontré le chef de la contre-ingérence économique à la DPSD (direction de la protection et de la sécurité de la défense). La DPSD est « le service de renseignement dont dispose le ministre de la défense pour assumer ses responsabilités en matière de sécurité du personnel, des informations, du matériel et des installations sensibles ». Elle siège au Conseil National du Renseignement (CNR), créé à la suite du Livre blanc de 2008 et compte aujourd’hui un effectif de 1100 personnes (dont approximativement 20 % de civils).

La DPSD : le service enquêteur du Ministère de la Défense

La DPSD est le « service enquêteur du Ministère » résume notre interlocuteur. Elle réalise « des enquêtes administratives encadrées par la loi » afin de déterminer les vulnérabilités induites par une société. Les résultats de ces enquêtes sont transmis à la Direction Générale de l’Armement (DGA) qui statue sur l’habilitation de celles-ci à traiter du secret de la défense nationale.

La DPSD sensibilise, protège et accompagne aujourd’hui près de 2000 entreprises françaises (en métropole et dans toutes les zones de déploiement des forces militaires) qui ont un lien direct ou indirect avec l’économie de la Défense (des grands groupes multinationaux comme Thalès aux petites PME).

Le service de renseignement, par son réseau et son expérience opérationnelle, est également à même de conseiller les entreprises françaises implantées ou désirant s’implanter tant en France que dans certaines zones à l’étranger. En France, le déploiement n’est d’ailleurs pas homogène. Cela est lié autant à la géographie du déploiement des entités du ministère qu’aux fortes concentrations des entreprises protégées sur le bassin parisien, la Bretagne (naval & technologies de l’Information), le Sud-ouest (aéronautique) et le Sud-est (Sophia Antipolis).

Les menaces pesant sur les entreprises de la Défense

Le chef de la contre-ingérence économique à la DPSD nous rappelle que les menaces sont bien réelles. Les entreprises œuvrant pour la Défense sont soumises à une concurrence sévère. La DPSD renseigne et « se positionne en évaluant la protection physique (contrôle d’accès), juridique, logique (informatique) et du personnel (procédure d’habilitation) » de ces entreprises.

Les menaces évoluent constamment. Un fort investissement est notamment réalisé sur la cyberdéfense. La DPSD vient sur ce sujet en complément des actions techniques ou analytiques réalisées en partie sous la houlette de l’Agence Nationale de la Sécurité des Systèmes d’Information (ANSSI). À noter que le Service recrute régulièrement des ingénieurs et techniciens SSI.

Le volet est essentiellement défensif et curatif, les techniques et méthodes employées restant logiquement confidentielles.

L’action de la DPSD dans la politique d’Intelligence économique

Ayant un mandat ministériel au titre de la Défense, la DPSD est investie dans la politique publique d’Intelligence économique. Le service participe d’ailleurs régulièrement à des groupes de travail. « Il ne se passe pas une semaine sans que je contacte la D2IE » (Délégation interministérielle à l’intelligence économique) certifie notre interlocuteur.

Au niveau territorial, la DPSD agit en coordination avec la DGSI (ex DCRI) et la Gendarmerie nationale. « La formalisation du dispositif d’IE diffère selon les régions » reconnait le chef de la contre-ingérence économique. Cela implique le plus souvent « une adaptation locale ».

Le défi actuel de la DPSD et, plus largement celui du Renseignement, est « un défi mixte » conclue-t-il. Il s’agit de renforcer « la capacité d’exploiter un domaine en croissance (cf. l’évolution des menaces) tout en existant dans un cadre juridique ». Ainsi, « un équilibre pertinent entre la protection collective et de l’autre la protection des individus (Privacy) » doit être conservé. Pour ce haut responsable du Service, la dernière loi de programmation (2014-2019) permet d’atteindre « un équilibre raisonnable »…

Pour plus d’informations sur la DPSD