l’IE française

A la suite de rencontres avec des professionnels de l’IE (communication d’influence, industrie du pétrole, cabinets de conseil, etc.), j’ai tenté de synthétiser et d’analyser les visions de ces experts concernant les grandes caractéristiques et les évolutions possibles du marché de l’IE en France. Cet article sera complété au fur et à mesure de mes interviews.

I. LES CARACTÉRISTIQUES DU MARCHE

  • Pour certains experts, l’Information a une valeur relative. 

Valeur qui varie en fonction du pays. En France le prix d’achat et de vente d’une information commerciale (plus largement stratégique) semble plus faible comparé à nos voisins germaniques ou anglo saxons.

Concrètement, l’entreprise n’est pas ou peu portée à acquérir l’Information stratégique nécessaire à son développement. Ou tout du moins elle n’est pas prêt à engager de budgets suffisants pour ce type d’expertise.

Ainsi, l’IE pourrait être un concept trop éloigné des mentalités, des priorités d’une majorité de dirigeants (notamment ceux des PME). Il reste encore un grand chemin en matière de sensibilisation et de mutualisation des moyens & outils propres à l’IE (notion d' »intelligence collective »).

  • Le marché serait oligopolistique. 

Concentré autour de quelques grands acteurs comme l’ADIT, CEIS et les services publiques (services de renseignement, acfci). Ces derniers « raflent tous les appels d’offres » et laissent peu de chance aux petites structures.

J’ai remarqué au cours de mes échanges qu’il existait une vision du marché différente en fonction de l’appartenance des acteurs (privé ou public). Les services publics (acfci, cci) étant plus optimistes sur l’avenir  en comparaison avec des cabinets privés de petites et moyennes structures. Certains spécialistes essaient ainsi de se concentrer sur un domaine d’expertise spécifique (par exemple le développement de réseau et la communication éditoriale pour COMES COMMUNICATION) ou un secteur particulier (comme le secteur de la Défense)

II. L’ÉVOLUTION DES PRATIQUES & DES MENTALITÉS

  • L’Intelligence économique est devenu aujourd’hui plus une « compétence » qu’un métier.

En effet, les entreprises font de moins en moins appel à des experts en Intelligence économique mais à des experts d’un secteur maîtrisant les outils de l’IE. M. Alain Juillet, que j’ai pu rencontrer, souligne en effet qu’une partie des entreprises est plutôt réticente pour l’embauche d’une personne trop spécialisée qui ne pourra pas se reconvertir dans d’autres domaines (à terme). Bien sûr, le « cursus métier » reste toujours possible bien que le cursus « compétence » se développe de plus en plus.

  • Le recul de l’Etat

L’Etat n’a plus le rôle moteur qu’il avait pu avoir. Le principe de partage, propre au développement d’une « Intelligence collective » n’est pas appliqué entre les ministères. Ceci empêchant d’avoir une vision très optimiste pour l’application d’une IE partagée. Pourtant, il existe de nombreux domaines où l’IE (et plus largement le partage d’Information) semble être essentielle. Le développement de la veille stratégique normative est ainsi crucial dans le secteur de la Défense (plus précisément sur la place du droit dans les conflits armés)  mais, trop peu d’acteurs s’investissent.

Pour plus d’informations vous pouvez aussi vous reporter à la page JIEE 2012. 

 

Une réflexion sur “l’IE française

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